Inu et Neko à Tokyo

De retour de Tokyo en exclusivité pour notre Tour du monde des pratiques humaines envers les animaux de compagnie, cette fois je vous emmène à la découverte du Japon, à Tokyo, mais côté chiens et chats.

“La grandeur d’une nation et ses progrès moraux peuvent être jugés par la manière dont elle traite les animaux.”
Gandhi (1869-1948)

Si nous considérons cette citation et mettons en perspective ce que j’ai pu voir là bas, je vous laisse tirer des conclusions sur ce pays incroyable.

J’ai parcouru tout d’abord le quartier de Shinjuku. Parfaitement “Lost in Translation”, après une expérience  surréaliste du métro à la japonaise, en errant dans les rues aux abords du métro.

Rapidement une boutique assez particulière a attiré mon attention: un vendeur de jeunes animaux de compagnie. Leur moyen de présenter les petits au public est composé d’une grande sorte d’aquarium sur roulettes, où les chiots et chatons sont placés individuellement dans de petites cages en métal, côte à côte.

Ils ne disposent que de journaux pour faire leurs besoins et semblent tous avoir bien soif. Le local pour les “ranger” la nuit fait la même taille que la cage vitrée. Ils n’ont pas de jouets, mais des étiquettes avec leur photo et leur prix, race, âge…ornent les vitres.

Tous les passants s’attendrissent devant eux, apprécient sincèrement de les voir et rêvent pour beaucoup de les adopter. De nombreuses photos de couples tapissent un mur de la micro boutique. C’est apparemment un cadeau de “couple” très apprécié là bas.

Bien que les conditions de leur mise en vente ne soient pas idéales d’un point de vue de comportementaliste, je suppose qu’ils sont rapidement achetés et ne restent pas trop longtemps isolés ainsi. Diverses autorisations pour avoir le droit de posséder un animal de compagnie à Tokyo sont nécessaires aux résidents. Les couples qui s’engagent à en détenir un, semblent le considérer comme l’adoption d’un membre à part entière du foyer,tenant la place d’un” enfant “.

Les prix exorbitants de ces compagnons à 4 pattes, doivent assurer que le niveau de revenu des futurs propriétaires est bien suffisant pour entretenir ensuite l’animal. Pour avoir une idée un chiot peux coûter 280000 Yens soit 2100€. Cet investissement est une preuve supplémentaire de la détermination que les japonais doivent avoir pour se permettre de partager leur vie avec un chat ou un chien.

Aussi ils les gâtent, et les traitent comme des membres de leur famille .

Autre visite sur Tokyo, le Naiyanda Café de Daïba, un bar à chat aux pieds de centres commerciaux. Pour avoir déjà visité certains de ces établissements en Corée notamment, j’aime voir comment les chats évoluent dans ce genre d’environnement et surtout s’ils s’y sentent à leur aise.

J’entre par une boutique de souvenirs, produits pour chats divers et variés. Notamment une litière ergonomique ou une autre qui se nettoie automatiquement, du high tech, je n’en attendais pas moins ici! Pour 9€ on m’offre une boisson et un accès au café félin pour une heure. On me remet un badge avec l’heure à laquelle je suis censée ressortir. On me demande de désinfecter mes mains, de lire une trentaine de recommandations pour aborder les chats avec respect, et en route pour la visite!

L’espace est atypique, avec de nombreux recoins et aménagements muraux pour l’exploration ou l’isolation de chaque chat. Il y a 4 pièces où l’on peut s’assoir et les caresser. Certains sont enfermés dans de grandes cages avec litière, dodo , eau et alimentation. Il est interdit de les faire sortir ou de les ennuyer. Certains sont isolés derrière des vitres dans des alcôves aménagées pour eux.

Certains d’entre eux semblent avoir été isolés car malades (collerettes, yeux qui coulent…)Je navigue entre les matous, certains ont des têtes très particulières, tous sont calmes et à demi assoupit. Je ne peut m’empêcher cependant de déplorer quelques failles dans ces installations et commerce. Les pièces sont ventilées par de simples ventilateurs qui brassent un odeur d’urine, la propreté des couchages et sols laisse à désirer, peu d’accès à la lumière naturelle, mais surtout, pas assez d’air frais.

D’autre part les chats tous adultes semblaient pour beaucoup avoir des problèmes d’yeux, l’un (siamois) était presque borgne. J’ai remarqué  qu’ils parfumaient l’air ambiant avec de l’encens ,or ceci n’est pas recommandé pour la santé des chats (candérigène et irritant). Leurs oreilles étaient sales et ils n’étaient pas toilettés (brossés en tout cas).

Du désordre et de la poussière, de trop nombreuses cages et pas de jouets… je ne fut pas enchantée par cette visite et très surprise de ces conditions dans un pays si inflexible sur les détails et la propreté des rues et lieux en général. J’ai essayé de communiquer avec l’une des employées ,mais elle ne parlait pas anglais. Alors, par gestes, je leur ai fait comprendre les soins qui manquaient aux félins sur une peluche. Elle m’a remerciée semble avoir compris, mais je ne peux savoir si les choses changeront à l’avenir pour ces chats.

Dernier détour à Daïba, dans un “Pet Shop“: boutique totalement dédiée aux animaux de compagnie dans un centre commercial. Là commence une visite les yeux exorbités devant chaque rayon : un espace exposition de chiots, vitrés, très propre, à température contrôlée, les chiots jouant à plusieurs ( 2 ou 3) avec des jouets adaptés et une surveillance attentive de leurs besoins. Ils restent isolés, mais semblent mieux là qu’à Shinjuku.

Les chatons ont leur espace d’exposition aussi. Un salon de beauté permet de faire toiletter sur place son animal. Ceux ci sont admis en laisse ou … en poussette, comme celà semble être fait couramment là bas.Le rayon poussettes pour chiens est vaste et les clients semblent s’en servir autant pour leurs petits chiens que pour leur chat!

Je vous laisse parcourir les images pour voir le nombre de produits dédiés, il y avait même une “cabine d’essayage” pour les vêtements pour chiens, avec miroirs sur 3 cotés… des chaussettes pour chiens, des tonnes de friandises (par exemple à base de cartilage de requin), des structures modulables pour les chats( versions améliorées des arbres), des jouets, bref tout!! Même de la litière qui se jette aux toilettes ou encore sous forme de billes assez grosses pour ne pas accrocher aux coussinets! J’étais subjuguée par tant de produits dédiés à l’univers canin et félin.

Bien que  très courante là bas, ne peux pas recommander l’usage de la poussette pour les promenades pour les animaux de compagnie. L’infantilisation d’un animal n’étant pas ce qu’on peut lui apporter de mieux pour son équilibre. Mais la psychologie animale reste encore méconnue pour les japonais qui ne peuvent que rarement s’offrir le luxe d’être propriétaires de chats ou de chien. Par contre ils font ensuite de leur mieux pour leur offrir tout ce dont ils pourraient avoir besoin, tout comme pour leur “bébé”. J’ai vraiment ressenti cet attachement et ce besoin de consommer pour prouver à quel point on traite bien son animal en lui offrant du luxe, de la (sur) protection et beaucoup d’attentions.

Je n’ai vu aucun chat ou chien errant durant mon séjour: je doute que vu leur prix ils ne traînent pas longtemps seuls dehors! J’ai été fascinée par toutes ces visites dans ce pays si étonnant à chaque seconde pour une parisienne! J’espère y retourner pour découvrir encore de surprenantes facettes de cette mégapole qui m’a enchantée.

En bonus, le lien ci dessous vous permettra de voir comment certains logements du Japon sont aménagés spécialement pour les chats:

http://www.hauspanther.com/2012/12/31/unbelievable-cat-friendly-house-design-from-japan/

Aligato gozaïmass !

 

 


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